| D'origine médiévale,
les géants de l'Europe occidentale sont nés
des processions communales et religieuses (Ommegangen et tours) dans un
but didactique
et récréatif dès le 15ème siècle. Ces figures
gigantesques de l'époque illustrent des épisodes de
la Bible (Goliath), des récits de la Légende
dorée (Saint Christophe) ou des histoires du
cycle de Charlemagne (Cheval Bayard et les fils Aymon). Au fil du
temps, elles changent de signification et deviennent des représentations
emblématiques d'une région, d'une ville
ou d'un quartier. Au 16ème siècle, naissent
les géants de Dunkerque et de Douai. Le Gayant de Douai est attesté en 1530.
Le Conseil de Régence donnera une femme au Goliath d'Ath en 1715. Par adaptation
aux idées des différentes époques, les géants processionnels
sont devenus des géants de cortège de plus
en plus profanes. Ils deviennent également géants de carnaval et de ducasse.
Aujourd'hui, les géants sont fréquemment issus de
la chronique locale ou d'un métier régional,
souvent sur le déclin. Ils peuvent aussi évoquer des individus ayant réellement
existé ou totalement imaginés. Les géants sont conçus et fabriqués au sein
de collectivités sociales ou territoriales
(associations culturelles, comités de quartier, amicales laïques…) en effigies
rituelles, spectaculaires et solennelles d'apparence par le costume et les
attributs. Images vivantes sans cesse réactualisées, ils dansent, selon
les Provinces belges ou la Région Nord, au sein de cortèges plongés dans
une ambiance où le religieux, l'histoire
et le folklore se mêlent harmonieusement ou
lors de ducasses ou fêtes locales essentiellement laïques.
Partie visible d'un ensemble de relations sociales et humaines, d'une culture
et d'une identité communautaire, le géant rassemble tous les vecteurs définissant
un patrimoine culturel immatériel selon les
termes de la Convention internationale pour la sauvegarde du patrimoine
immatériel signée par le Directeur général de l'UNESCO,
Koïchiro Matsuura, le 3 novembre 2003. |